La chicane intérieure

A-t-on besoin d’être deux ou avec d’autres personnes pour se chicaner?

Est-ce qu’une chicane nécessite absolument une autre personne que nous? Cela nous arrive-t-il de se chicaner tout seul, à l’intérieur de nous? Je me pose souvent cette question, autant que pour moi que pour les personnes venant me consulter.

Les tensions ou les chicanes que nous vivons avec les autres sont plus faciles à déceler et par le fait même à raconter. Il est plus difficile d’identifier et de raconter celle que nous vivons à l’intérieur de nous. Ici, j’entends par le mot tension, les oppositions qui se confrontent, les idées que nous avons et qui sont contradictoires, les sentiments que nous éprouvons et qui s’obstinent avec d’autres idées que nous défendons et d’autres émotions que nous ressentons.

Est-ce que vous vous reconnaissez dans cette dynamique de chicane? Comme si une idée, un sentiment, un choix, une décision que nous croyons meilleur ou qui persiste doit gagner et avoir le dernier mot sur l’autre idée, l’autre sentiment, l’autre décision.

Deux parties de nous qui s’opposent

Je parle d’idées, d’émotions, mais souvent c’est bien plus que cela. C’est comme s’il y avait deux parties de nous qui vivent, veulent, souhaitent des choses pour nous bien différentes et même parfois parfaitement opposées. Cette chicane intérieure peut durer dans le temps, demeurer silencieuse dans notre tête et nous ne trouvons pas le moyen de se libérer de ce discours mental, répétitif, obsessif pour avoir droit à une solution une fois pour toutes.

Comment faire alors? Qui doit gagner? Quelle partie de nous devons-nous écouter davantage?

Une alternative par ou pour les deux parties

À plusieurs reprises, j’ai tenté une expérience. J’ai personnifié les deux parties de moi en chicane. Dans ma tête, j’ai donné un nom à chacune des parties (partie A et partie B). Ensuite, je leur ai demandé de s’exprimer et de s’écouter à tour de rôle et me revenir avec une alternative qu’ensemble elles choisiraient et tout cela sans que je m’en mêle. Pour mieux comprendre l’expérience, il s’agit de faire comme si vous étiez une mère avec deux enfants qui se chicanent à propos d’un choix d’activité. Ils sont certains d’avoir raison, plus que l’autre. Il s’agirait de les envoyer dans leur chambre pour en discuter pour vous revenir seulement quand ils auront trouvé une alternative qui comblera tout le monde.

Donc, le travail se fait à l’extérieur de nous. Cela permet de nous dégager, de laisser la liberté aux deux parties en opposition de s’exprimer et de trouver ensemble une solution qui vous sera communiquée. Souvent, la solution qui se présente est complètement nouvelle, arrive à nous sans que l’ayons vu venir, comme si le travail s’était fait à notre insu, de manière inconsciente. Nous savons que la solution nous convient lorsque nous ressentons une liberté et que nous nous apercevons que la chicane intérieure est terminée à propos de l’idée, du choix, de la décision, de l’émotion que nous portions.

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